 e gouvernement français avait annoncé au Comité des Droits de l’Homme aux Nations unies, en juillet 1997, que l’État n’avait aucunement le pouvoir de limiter la liberté de religion; pourtant, une intolérance religieuse de plus en plus grande a sévi en France et a favorisé l’introduction de mesures par l’État lui-même, violant le principe de neutralité. En 1996, une commission parlementaire, se basant sur les informations de groupuscules « anti-sectes » bien connus en France, a ignoré les avis d’experts réputés et a étiqueté plus de 170 organisations religieuses et philosophiques comme « sectes », Baptistes compris ! Bien que n’ayant techniquement aucune valeur juridique, le rapport de la commission a été cité dans des décisions de justice et a provoqué une discrimination de fait contre un certain nombre de religions.
En dépit de vives critiques de sociologues et d’historiens des religions, le gouvernement a adopté les mesures recommandées par la Commission et, en septembre 1996, a créé un « observatoire sur les sectes ». Lorsqu’il est devenu évident que cet observatoire manquait de l’élan requis pour « lutter contre les sectes », le gouvernement a annoncé à l’automne 1998 que celui-ci avait été remplacé par une « mission interministérielle » dotée de pouvoirs plus grands et dirigée par des hommes auxquels on pouvait faire confiance pour établir un calendrier de mesures extrêmes. Avec cette mission, une série de mesures législatives a été proposée afin de contrôler les minorités religieuses jugées « incorrectes » par l’État, et de pouvoir agir contre elles de façon discriminatoire en toute légalité.
France continue...
   
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